Réponses du secteur face aux critiques

Ces derniers temps, on peut lire dans la presse de nombreuses critiques de la culture du sapin de Noël, à propos de son impact écologique, de son utilisation de terres agricoles ou en forêt et de sa consommation de produits phytosanitaires.

On entend dire que :

« Le sapin de Noël menace les terres agricoles et monopolise les terres nourricières »

Cette soi-disant concurrence avec les agriculteurs pour l’accès à la terre est à relativiser. La Surface Agricole Utilisée (SAU) en Wallonie représente 719.000 ha. Avec ses 3120 ha, le sapin de Noël ne représente donc que 0,43% de cette SAU (et 1,43 % de la SAU de la province de Luxembourg). Même dans les communes comme Libin, Neufchâteau ou Bièvre, où la culture de sapins est la plus importante, cela ne représente pas plus de 10 % de la SAU. Vu sa surface occupée, on ne peut pas affirmer que la culture du sapin de Noël monopolise les terres nourricières. Et de plus, il ne faut pas oublier que le sapin de Noël valorise généralement des terres de moindre qualité agronomique !

« Le sapin de Noël fait augmenter le prix des terre »

L’augmentation des prix des terres agricoles est un phénomène que l’on constate sur l’ensemble du territoire wallon, même dans les régions où il n’y pas de culture de sapins de Noël. Selon le baromètre des notaires, le prix moyen à l’hectare des terres agricoles a bondi 26,6% en 5 ans. La culture du sapin de Noël se fait principalement dans la Province de Luxembourg. Or, c’est dans cette province que les prix des terres sont les moins chères et l’augmentation la plus faible. On y observe même durant le 1er semestre 2018 une baisse de -8,4% des prix des terres par rapport à 2017.

« Le sapin de Noël, une culture qui utilise en masse des pesticides »

On ne peut pas parler d’utilisation massive de pesticides. Les quantités de produits phytosanitaires utilisés par ha sont moins grandes que d’autres cultures. Il est exact que les parcelles de sapins de Noël sont désherbées avec du glyphosate (à très faible dose, les producteurs ne peuvent pas prendre le risque de dégâts au Sapins de Noël) mais le sapin est peu sensible aux maladies et aux ravageurs. Les fongicides et insecticides ne sont utilisées qu’occasionnellement. Les producteurs de sapins de Noël cultivent selon les principes de la lutte intégrée qui est une obligatoire pour toutes les cultures en Wallonie. Elle promeut un plus faible apport de produits phytopharmaceutiques.

Les producteurs de sapins de Noël sont sensibles aux attentes sociétales pour un environnement mieux protégé. C’est ainsi qu’ils viennent de mettre au point une nouvelle Charte « Véritable et Eco Responsable » qui les engagent vers un mode de culture toujours plus durable. Ils s’appuient sur un Centre pilote, l’UAP-CPSN, qui les guide, qui réalise des essais pour tester de nouvelles pratiques culturales, notamment de désherbage, et qui les informe des résultats de ces essais ou des avancées de la recherche.

« Une monoculture qui change les paysages »

Le terme « monoculture de sapins de Noël » laisse penser que toute l’Ardenne est couverte de culture de sapins de Noël. Sur les 440.000 ha de la Province de Luxembourg, on retrouve 205.000 ha de forêt (46 %) et 145.000 ha de surfaces agricoles (32%), dont seulement 2052 ha de culture de sapins de noël (1,43%). Par ailleurs, la taille des parcelles de sapins de Noël est plutôt petite (65% des parcelles font moins de 5 ha). On critique aussi la culture du sapin de Noël qui détruit le paysage ardennais. Mais l’Ardenne est surtout constituée de forêt. Les cultures du sapin de Noël ressemblent à de jeunes plantations forestières et se font généralement à la lisière la forêt. Les plantes font au maximum 1,80m – 2 m de hauteur au bout de 7 ans de culture. L’impact de la culture sur le paysage est donc limité.

« Le sapin de Noël a un impact sur la biodiversité »

En 2017, une étude d’une branche de Natagora (AVES) a montré l’effet positif de la culture du sapin de Noël sur la faune avicole (augmentation du nombre d’espèces d’oiseaux et du nombre d’individus). Cette culture remplace les haies refuges de nos oiseaux. On a en effet constaté que, dans les milieux agricoles ardennais dominés par des prairies intensives et où peu de haies subsistent, les plantations de sapins de Noël sont bénéfiques à l’avifaune en recréant de l’hétérogénéité dans les paysages. Ces effets bénéfiques indiquent qu’il n’y pas d’utilisation abondante de produits phytos